Air à P8

"Recherche » - questionnements initiaux

lundi 4 avril 2011, par airap8

« Recherche » Notes et documents de travail

1. Fondamentaux et Recherche à Paris 8

• Quels contenus exacts donner à « fondamentaux » « valeurs » de P8 ? les contenus précis de ces termes ne sont pas toujours concrètement très clairs. Ne faut-il pas revivifier les choses et ne pas s’enfermer dans un « mythe » P8 qui totémiserait certaines questions et en rendrait d’autres taboues ? Quelle responsabilité active avons nous pour le monde d’aujourd’hui ?

Spécificités historiques et politiques : université expérimentale et ouverte sur le monde . L’est-elle encore véritablement ou s’est-elle repliée sur son mythe ? Quelles propositions pour le monde d’ici et maintenant ?

• Les propositions vont se faire dans un paysage où la donne a profondément changé et dont on ne peut pas ignorer qu’elle a changé. Les choix adoptés dépendent de l’évaluation des possibilités / volontés de réinvestir les nouveaux outils et la nouvelle donne pour construire un projet d’établissement respectant les diverses sensibilités. La marge de manœuvre et par conséquent les possibilités d’appropriation des nouveaux outils / nouvelles règles / nouvelles contraintes sont souvent ignorées ou refusées sur la base d’un positionnement de principe (= refus de collaborer avec des décisions qu’on ne partage pas). La question de savoir si on doit s’approprier cette nouvelle donne, dans quelle mesure, jusqu’à quel point, pour quoi en faire est à discuter de manière constructive (même si contradictoire) pour le projet d’établissement.

• La différence est aussi à penser d’un point de vue intellectuel : P8 est une université SHS et c’est ce qui fait sa particularité et sa richesse aussi = pourquoi a-t-on grand besoin des SHS dans la situation actuelle, pourquoi les défendre. Quels contenus pouvons nous offrir et revendiquer comme étant « propres » à P8 et indispensables dans le paysage actuel

• Ces questions sont en soi génératrices de tensions : nécessité de les discuter de manière croisée, contradictoire mais sur des bases argumentées et techniques et mais pas de manière systématiquement clivante et polémique. Responsabilité collective aussi pour que les tensions ne deviennent pas les outils de la discorde

• Est-ce que les questions ne peuvent pas être abordées aussi sous un aspect technique (idées en vrac) avec des questions / problèmes et réponses très concrètes ?

o Comment construire une gouvernance démocratique et représentative, quelles sont les instances existantes (CS, CA, conseils de labo etc) et sont-elles suffisantes pour que la nouvelle donne permette un fonctionnement démocratique en recherche

o Comment impliquer mieux les personnels IATOS et ITA dans les processus administratifs lourds qu’entraîne cette nouvelle politique de recherche.

o Comment redonner des contours hiérarchiques plus clairs (non pour que certaines catégories de personnels en oppriment d’autres mais parce que c’est clairement plus efficace en termes de partage des tâches et optimalité de leur mise en œuvre)

o PES, gratifications individuelles etc = reviviscence de l’élitisme républicain ou système explicitement clivant ? Comment les diverses catégories de personnels enseignants / non enseignants s’y retrouvent ou s’y perdent ?

o Comment aider les thésards qui attendent des postes et les jeunes MCF à ne pas « décrocher »

o Poids des contraintes administratives sur les chercheurs et la recherche : quelles réponses donner dans un contexte où le poids des responsabilités et des casquettes administratives se multiplient dans un paysage qui se complexifie et où la recherche devient « stratégique » (décharge des directeurs d’équipe à côté des directeurs d’UFR ou d’ED pour grosses équipes => faisable / finançable ou non ?) /

o quels accompagnements à la recherche devons nous donner aux étudiants (leur apprendre aussi à monter des contrats de recherche, les pousser au post-doc, donner une formation en anglais, avoir un / des référents en anglais (vacataires ou statutaire) au niveau de l’université qui s’occuperai(en)t exclusivement de cet accompagnement (aide à traduire les articles, préparer les colloques etc) etc ???

o La discussion récurrente sur la légitimité de l’évaluation par l’AERES est-elle encore pertinente posée sous cette forme (= l’AERES a-t-elle ou non légitimité à évaluer ? Faut-il / peut-on refuser l’évaluation). Remarquer quand même au passage que l’évaluation AERES désopacifie certaines pratiques et tente de se donner des indicateurs objectivés. La réflexion pourrait peut-être plutôt se porter sur les critères et modalités et dans un format propositif ( => les délégués AERES sont ouverts à des propositions de nouveaux critères, membres des comités jugés pertinents, pondérations des critères entre eux etc …)

• Interêt des programmes « Ex » : vraie chance pour P8 mais risque d’injustice ? ou crainte de l’injustice ? Inquiétudes ?

o Ne faudrait-il pas expliquer ce qu’est le projet Labex (quels contenus) et pourquoi ce choix à ceux qui ne sont pas dedans car les conditions de travail mises en place par le minisitère ont créé des courtc-circuitages en terme de visibilité et un affiablissement du rôle des instances élues (et c’est vrai partout et pas seulement à P8 => effet structurel de l’appel d’offre et du calendrier proposé)

o Ne faudrait-il pas que le Labex / Equipex soit explicitement ressaisi par la totalité de la communauté de P8.

o Est-ce que le projet Labex va concentrer les moyens sur quelques gagnants ou quelques disciplines et que font les autres => est-ce forcément ainsi que ça va se passer.

2. Thèmes politiques proposés pour l’atelier (liste non exhaustive)

a/ Place de P8 dans le paysage parisien, national et international = renforcer nos alliances et nos réseaux (PRES, Condorcet, autres)

b/ « Gouvernance » et niveaux de décision : donner une meilleure place aux instances démocratiquement élues et ne pas les déposséder des décisions importantes : conseil de labo, conseil d’ED, CS, CA. Relations entre CS et CA.

c/ Baisse des crédits récurrents et financements sur projet => vers quels équilibres et pour quelle recherche ?

d/ Gouvernance autonome des projets (ANR/ Labex / equipex / projets ERC) et instances élues : 2 systèmes en asymptote ? Politique de recherche à 2 vitesses ? Réponses possibles ou fatalité ?

e/ Quelle politique de formation doctorale ?

f/ Le périmètre des ED doit-il être maintenu ou modifié

g/ Articulation formation et recherche : quelle place pour la recherche dans les UFR ? Sont-elles toujours des "unités de formation et de recherche" alors que les doctorants relèvent maintenant plutôt des ED

3. Thèmes scientifiques proposés pour l’atelier : quelles idées ? (liste non exhaustive aussi)

a/ Qu’est ce qu’ont les SHS que n’ont pas les autres ? Qu’est-ce qu’une université SHS peut proposer et pourquoi elle peut / doit jouer un rôle central dans le paysage de la recherche et la nouvelle donne qui nous est proposé (« L’oiseau de Minerve s’envole au crépuscule »)

b/ Conception des SHS dans l’organigramme de la DGRI et la logique des "stratégies nationales" (SNRI et STRATER). Les effets de la nouvelle nomenclature des disciplines sur une université SHS. Quelles réponses (ou ripostes) devons nous intellectuellement apporter ? Avec quels outils théoriques et pour défendre quoi ?

c/ Structurations des disciplines et interfaces : y-a-t-il des nouveaux objets à partager, nouvelles idées ? Nouvelles pratiques à mutualiser ? A quel niveau ? Entre individus, UFR, labos, ED ?

d/ Projets transdisciplinaires / interdisciplinaires /multidisciplinaires : comment penser cette transdiciplinarité (grand colloque, ateliers annuels, thèmes annuels pour toute l’Université où les diverses disciplines s’expriment)

e/ A côté du Labex, faire d’autres projets transversaux regroupant des équipes différentes sur des questions innovantes ? Est-ce intéressant, faisable, en avons-nous les moyens, le temps ?

Sophie Wauquier

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