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Notes autour de quelques réflexions sur la formation - Mathias Gardet

jeudi 15 mars 2012, par airap8

Notes autour de quelques réflexions sur la formation - Mathias Gardet

> > Sans faire le jeu des politiques d’excellence il me semble que les trois défis liés à l’insertion professionnelle que tu énumères doivent être ramenés à la configuration particulière de notre université et de son environnement qui est à la fois notre force et notre faiblesse. > > · Pour ce qui est du suivi de nos étudiants après leur diplôme, nous ne pouvons nous contenter me semble-t-il de mettre à jour la base de données et de les solliciter deux ans après, au moment des enquêtes, il faut comme tu le dis toi-même leur donner des raisons de maintenir le contact avec l’université. Pour avoir étudié le cas de plusieurs écoles qui avait cultivé des amicales d’anciens, cette seule sollicitation reste très fragile et dépend énormément de la personnalité de quelques anciens, cela me semble un peu illusoire à l’échelle d’une université dont les filières sont nombreuses et finalement assez cloisonnées. En revanche étant donné les nouvelles exigences de tutorat, de stages et de professionnalisation, il faudrait utiliser ce vivier des anciens et les solliciter activement pour intervenir à la fois en tant que professionnels qu’ils sont pour une part d’entre eux devenus, comme tuteurs, directeurs de stages, en proposant un cadre plus structuré et régulier pour cette intervention… > > · Le renforcement des relations avec le monde socio-économique ne se limite pas à la recherche de terrains de stage, contrats pro ou d’alternance pour nos étudiants, ou à la levée de fonds supplémentaires par le biais de la taxe d’apprentissage et un travail de communication en direction des employeurs potentiels à l’aide de la déclinaison en compétences de nos diplômes. Si l’on veut mutualiser nos efforts, il faudrait procéder déjà à recensement le plus exhaustif possible de l’environnement de proximité que l’on pourrait solliciter, en ne se contentant pas du monde de l’entreprise - nous sommes comme tu le rappelles une université de SHS - mais aussi de toutes les structures éducatives (scolaires et extra-scolaires, je pense en particulier à tout le champ médico-social : centres éducatifs, IME, IMP, foyers…), administratives (mairies, tribunaux, hôpitaux et cliniques, pourquoi pas commissariats), socio-culturelles et sportives (musées, cafés culturels, théâtres, bibliothèques, ludothèques, médiathèques, conservatoires de musiques ou de danse, centres d’archives, centres sociaux, MJC, espaces associatifs, stades) qui pourraient autant de terrains de stages mais aussi de potentiels employeurs. > > · Le troisième problème concerne l’adéquation de notre offre de formation au bassin d’emplois et les injonctions de professionnalisation qui risquerait de dénaturer nos formations. Je crois tout d’abord qu’il est important de ne pas se fermer les yeux sur la chute très conséquente de nos effectifs, sur la pression existante pas tant sur nous que sur les jeunes étudiants qui sont invités à tirer au plus vite leur épingle du jeu dans un marché d’emploi très concurrentiel et en crise et que donc peu d’entre eux vont se diriger vers les métiers de la recherche qui suppose des études au long cours, d’autant que l’université elle-même en crise est en période de restriction d’emplois. Ceci dit, je ne crois pas pour autant que l’université doit se transformer uniquement en centre de formation à la petite semaine. Il y aurait plusieurs stratégies complémentaires à développer me semble-t-il : 1) tout d’abord tisser plus solidement des alliances avec des centres de formation professionnels existants (écoles de travailleurs sociaux, écoles d’apprentissage…) qui sont actuellement à la recherche de conventions avec l’université non pas pour qu’elle fasse leur boulot, mais pour obtenir pour leurs étudiants une équivalence niveau 3 universitaire de leurs diplômes ou d’un double cursus pour qu’ils puissent aussi éventuellement poursuivre leurs études. Dans ces négociations il faut désamorcer une double crainte : celle des écoles de formation professionnelle qui pourrait avoir peur d’un effet « mastérisation » ou d’une OPA de l’université sur ce type de formation ; celle de l’université qui pourrait avoir peur d’y perdre son âme. Je crois au contraire qu’il faut bien poser les domaines de compétence complémentaires de chacun et établir de véritables collaboration, qui ne seraient pas à sens unique : l’université venant apporter son savoir et son label, mais à double sens, les équipes formatrices de ces écoles pouvant elles aussi venir apporter leur compétence à l’université, avec des pôles communs de rencontres et de formation pour les deux publics étudiants ; 2) Prendre à bras le corps le public d’élèves de la Seine Saint-Denis avec les politiques d’aide à la réussite, en visant des formations plutôt courtes avec des débouchées professionnels clairs qui existent aussi dans nos filières SHS, pour ne donner qu’un exemple : en histoire ne pas penser seulement pour eux à l’obtention des concours du CAPES et de l’agrégation mais viser tous les métiers de techniciens dans tous les centres de documentation et d’archives ou une bonne base en histoire pourrait être valorisée ; 3) Ne pas avoir peur de faire quelques filières d’excellence avec sélection, réservées aux meilleurs profils, tout en aménagement des temps de formations communs avec les autres publics étudiants. Cela nous permettra de maintenir un bon niveau de recherche indispensable pour la vie scientifique mais aussi économique de l’université. Là encore pour mutualiser nos ressources, il faudrait pour cela créer un vrai service d’ingénierie de la recherche, avec un personnel au fait des différents dossiers à constituer aussi bien au niveau national avec les politiques d’ANR, qu’européen et international pour tous les financements existants qui demande une vraie compétence administrative et scientifique. C’est en brassant ces trois publics – étudiants d’écoles professionnelles, élèves des lycées de Saint-Denis et étudiants sélectionnés pour certains parcours d’excellence - que l’on maintiendra à mon avis la mixité sociale si chère à notre université sans être réduits à une université dépotoire ou de formation de seconde catégorie. >

> > Mathias Gardet

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